Importation & exportation de gamètes
En France, l’importation ou l’exportation de gamètes et de tissus germinaux est encadrée par le Code de la santé publique (article L. 2141-11-1).
L’importation consiste à faire venir des gamètes de l’étranger pour réaliser son parcours d’AMP (assistance médicale à la procréation) en France. Ces gamètes peuvent être :
- Issus d’un don d’un donneur anonyme étranger ;
- Ses propres gamètes conservés à l’étranger.
L’exportation consiste à faire envoyer ses gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) conservés en France dans un centre étranger pour poursuivre son parcours d’AMP en-dehors de la France. A noter :
- Il n’y a pas d’exportations de gamètes pour autrui depuis la France vers l’étranger ;
- Il est possible de réaliser un parcours d’AMP à l’étranger sans exportation de gamètes.
L’importation ou l’exportation de gamètes et de tissus germinaux est prévue en droit français (article L. 2141-11-1 du code de la santé publique). Cela résulte de dispositions introduites dans le code de la santé publique en 2008, suite à la transposition de la directive 2004/23/CE du 31 mars 2004 relative au don et à l’utilisation de tissus et cellules humains (directive « tissus-cellules »).
Chaque demande d’importation ou d’exportation est examinée au cas par cas par l’Agence de la biomédecine. Elles doivent être autorisées pour chaque opération d’importation et d’exportation. L’importation de gamètes depuis une banque européenne vers un particulier ou un médecin non autorisé est, quant à elle, interdite.
Cet article fait le point sur :
1/ L’importation de gamètes issus d’un don depuis l’étranger
Depuis la loi de bioéthique de 2021, le nombre de demandes d’AMP avec don de spermatozoïdes a bondi : elles ont été multipliées par 8,5. Sur la même période, les dons de spermatozoïdes ont aussi fortement augmenté (1 050 candidats au don en 2025 vs. 676 en 2023), mais pas suffisamment. Les délais d’attente restent longs pour les personnes qui attendent un don pour espérer devenir parent.
Face à cette situation, certains centres, dont les stocks de gamètes sont trop bas, recourent parfois à l’importation de gamètes, conformément au droit français. Depuis 2024, le nombre d’importations de paillettesConditionnements pour échantillons biologiques de petit volume permettant de conserver des petites doses de sperme congelé. Les paillettes résistent à de très basses températures et garantissent ainsi la sécurité des échantillons.... de spermatozoïdes progresse. Néanmoins, les importations de gamètes restent minimes par rapport aux dizaines de milliers de paillettesConditionnements pour échantillons biologiques de petit volume permettant de conserver des petites doses de sperme congelé. Les paillettes résistent à de très basses températures et garantissent ainsi la sécurité des échantillons.... utilisées chaque année pour réaliser des AMP avec don de spermatozoïdes en France.
Il est prévu dans le droit français que les importations de gamètes se fassent uniquement entre établissements professionnels autorisés. C’est le Code de la santé publique qui détaille le cadre juridique de l’importation de gamètes et de tissus germinaux.
Bon à savoir : l’importation de gamètes depuis une banque européenne vers un particulier ou un médecin non autorisé est interdite.
- Entre 2021 et 2023 : 3 demandes d’importation de gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes) provenant d’un tiers donneur situé à l’étranger ont été acceptées
- En 2024 : 17 demandes d’importation de gamètes provenant d’un tiers donneur situé à l’étranger acceptées
- En 2025 : 98 demandes d’importation acceptées de gamètes provenant d’un tiers donneur situé à l’étranger
Depuis 2024, la quasi-totalité des importations de gamètes à date concernent des paillettesConditionnements pour échantillons biologiques de petit volume permettant de conserver des petites doses de sperme congelé. Les paillettes résistent à de très basses températures et garantissent ainsi la sécurité des échantillons.... de spermatozoïdes issu de donneurs.
Si un centre entame une demande d’importations de gamètes pour vous :
Toute importation de gamètes est soumise à une autorisation délivrée par l’Agence de la biomédecine sur la base d’un dossier présenté par le centre d’AMP autorisé par l’ARS (agence régionale de santé) :
- Le dossier d’importation de gamètes est constitué par le centre, qui prend en charge les personnes en parcours d’AMP concernées par cette demande d’importation ;
- Le dossier est transmis à l’Agence de la biomédecine, seule compétente pour délivrer les autorisations d’importation et d’exportation de gamètes et tissus germinaux (article L. 2141-11-1 du code de la santé publique) ;
- La directrice générale de l’Agence de la biomédecine se prononce dans un délai de 2 mois à compter de la réception du dossier complet.
Bon à savoir :
- Chaque demande d’importation est examinée au cas par cas.
- L’autorisation est délivrée nominativement pour une patiente ou un couple.
Pour prendre connaissance du dossier de demande d’importation, vous pouvez consulter cette page du site de l’Agence de la biomédecine.
Attention aux pratiques illégales
En France, le don de gamètes ne peut être effectué que dans le cadre strict d’un parcours d’AMP, pratiqué au sein d’un établissement autorisé par une agence régionale de santé (ARS). Cela signifie que l’achat de paillettesConditionnements pour échantillons biologiques de petit volume permettant de conserver des petites doses de sperme congelé. Les paillettes résistent à de très basses températures et garantissent ainsi la sécurité des échantillons.... de spermatozoïdes à une banque de gamètes privée implantée à l’étranger par un particulier est illégale et interdite en France.
Pour en savoir plus sur les pratiques illégales, vous pouvez consulter cette page : Pratiques dangereuses et illégales.
2/ L’exportation de gamètes
Le droit français prévoit que les personnes ayant des gamètes conservés en France puissent demander leur envoi dans un centre d’AMP étranger, sous conditions (détaillées dans la partie suivante). Elles poursuivront alors leur parcours d’AMP dans un centre étranger.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette page dédiée à la réalisation d’une AMP à l’étranger sur notre site.
Si un centre entame une demande d’exportations de gamètes pour vous
Comme pour une importation, toute exportation de gamètes est soumise à une autorisation délivrée par l’Agence de la biomédecine sur la base d’un dossier présenté par le centre d’AMP autorisé par l’ARS (agence régionale de santé) :
- Le dossier d’exportation de gamètes est constitué par le centre, qui prend en charge les personnes en parcours d’AMP concernées par cette demande d’exportation ;
- Le dossier est transmis à l’Agence de la biomédecine, seule compétente pour délivrer au cas par cas les autorisations d’importation et d’exportation de gamètes et tissus germinaux (article L. 2141-11-1 du code de la santé publique) ;
- La directrice générale de l’Agence de la biomédecine se prononce dans un délai de 2 mois à compter de la réception du dossier complet.
Bon à savoir :
- Chaque demande d’exportation est examinée au cas par cas.
- L’autorisation est délivrée nominativement pour une patiente ou un couple.
Pour prendre connaissance du dossier de demande d’exportation, vous pouvez consulter cette page du site de l’Agence de la biomédecine.
3/ Les conditions d’importation et exportation de gamètes
Chaque demande d’importation ou d’exportation de gamètes doit :
- Avoir pour objectif unique la poursuite du projet parental dans le cadre d’une AMP ou de la préservation et restauration de la fertilitéCapacité pour un couple à concevoir, c’est-à-dire de débuter une grossesse.... (interdiction de constituer des stocks) ;
- Respecter les principes fondamentaux posés par le code civil (articles 16 à 16-8 du code civil) et le code de la santé publique : gratuité, anonymat… : il est établi que les centres situés dans l’Union Européenne répondent aux mêmes critères éthiques car ils sont soumis à la même directive européenne de 2004 ;
- Respecter les conditions de prise en charge en AMP prévues par le code de la santé publique (articles L. 2141-2, L. 2141-3, L. 2141-11 et L. 2141-12 CSP) : il s’agit des mêmes conditions que celles requises en France pour être pris en charge en AMP : respect des conditions d’âge, pas de transfert post-mortem ou en vue de GPA, ROPA (réception d’ovocytes de la partenaire) ou DPI-A (diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies, technique d’analyse génétique permettant d’identifier les anomalies liées au nombre de chromosomes chez des embryonsPremier stade de développement après la fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde. On parle d’embryon dès la fusion des noyaux de l’ovocyte et du spermatozoïde. La phase embryonnaire se termine au 3e mois de grossesse. On parle ensuite de fœtus jusqu’à la naissance.... More), etc.
- En cas de recours aux gamètes d’un tiers donneur (articles L. 1244-3 et L. 1244-4 CSP) :
- Interdiction d’insémination artificielle par sperme frais provenant d’un don ou de mélange de sperme ;
- Respect de la règle selon laquelle le recours aux gamètes d’un même donneur ne peut conduire à la naissance de plus de 10 enfants.
Bon à savoir :
- Ce sont les personnes en parcours d’AMP qui règlent le coût demandé par la banque de gamètes étrangère. Il n’y a pas de facture à régler par les centres d’AMP français.
- En France, les gamètes ne sont pas facturés d’un établissement de santé à l’autre, ni aux personnes en parcours d’AMP.
4/ L’accès aux origines pour les enfants issus du don
L’accès aux origines ne sera pas possible pour chaque personne née d’un don d’un donneur résidant à l’étranger.
- Certains pays ont mis en place un dispositif d’accès aux origines (comme le Portugal ou le Danemark, par exemple) :
- Les personnes issues d’un don devront solliciter le dispositif mis en place par la banque européenne concernée, si elles souhaitent connaître l’identité de leur donneur.
- Le dispositif français d’accès aux origines (la CAPADD) n’est pas compétent pour les donneurs n’ayant pas donné en France.
- L’Agence de la biomédecine autorise l’importation de gamètes uniquement depuis des banques européennes permettant cet accès aux origines, même s’il ne s’agit pas d’une condition du code de la santé publique.
- Si l’exportation est effectuée vers un pays qui n’a pas mis en place de dispositif d’accès aux origines (comme l’Espagne): les enfants nés d’un parcours AMP réalisé dans ce pays avec un donneur ou une donneuse n’auront pas accès à l’identité de leur donneur, ni aux données non-identifiantes.
Pour en savoir plus sur l’accès aux origines lors d’une demande d’importation ou d’exportation, vous pouvez consulter cette page.