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L’AMP côté homme

Quelques conseils…

L’annonce d’une infertilité masculine est dans la grande majorité des cas une surprise, sauf pour les hommes qui ont des antécédents médicaux ou familiaux. Dès le constat que l’enfant tant espéré n’arrive pas, préparez-vous à cette éventualité en vous informant et en accompagnant votre compagne aux premiers rendez-vous médicaux.

Votre bilan montre une infertilité ? Vous vous sentez fragilisé ? Votre désir amoureux est en berne depuis l’annonce des résultats de vos examens ? C’est fréquent mais ne laissez pas les choses en l’état. N’hésitez pas à en parler avec les praticiens du centre AMP qui sont tout à fait aptes à répondre à vos questions sur ce sujet. Vous pouvez également vous orienter vers un médecin sexologue qui saura vous aider.

Votre bilan est parfaitement normal ? Vous êtes rassuré. Mais divers écueils menacent, notamment le risque d’avoir du mal à trouver votre place dans un parcours désormais centré sur votre conjointe. Votre rôle reste important : vous êtes là en tant que futur père aux côtés de votre compagne qui aura besoin de votre présence. Elle peut se sentir écrasée par les responsabilités de l’infertilité et avoir plus que jamais besoin de vous pour la soutenir.

Bien vivre les examens

Le spermogramme n’est absolument pas douloureux puisqu’il nécessite seulement un recueil de sperme par masturbation. Les examens ne sont pas douloureux, tout au plus peuvent-ils être désagréables, comme l’échographie de l’appareil génital.

Pour effectuer les spermogrammes ou bien le jour de l’insémination ou de la FIV, les spécialistes auront besoin de votre sperme. L’exigence de résultat peut créer une angoisse de performance peu propice au recueil. Se masturber puis apporter son récipient aux techniciens du laboratoire est souvent difficile. Quand en outre, la nécessité de réussir fait peser une lourde responsabilité sur vos épaules il peut arriver que le recueil soit laborieux. Cette difficulté peut être renforcée par l’idée que la qualité de votre sperme va être évaluée et « jugée »

Un conseil : tâchez de vous décontracter, de ne pas trop penser à l’enjeu et n’hésitez pas à en parler au préalable à l’équipe du centre d’AMP. En cas de grande difficulté avec ce geste, il est parfois proposé au couple de réaliser le recueil de spermatozoïdes au préalable, dans un contexte moins stressant, et de les congeler. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi demander au médecin que votre compagne soit présente au moment du recueil.

Dans le cadre des examens cliniques, l’andrologue ou l’urologue peut être amené à vous ausculter. Toucher aux organes génitaux et notamment aux testicules de l’homme n’est pas neutre. Même si c’est pour « guérir » leur stérilité, certains hommes éprouvent une « angoisse de castration » lorsque ces actes chirurgicaux sont pratiqués. La majorité des andrologues et des urologues sont des hommes. Si vous ressentez le besoin de discuter « entre hommes », vous pouvez profiter de la consultation pour poser des questions qui vous préoccupent. Vous pouvez également être accompagné de votre conjointe si vous le souhaitez.

Trouver sa place

Il n’y a pas deux parcours d’assistance médicale à la procréation semblables, ni sur le plan thérapeutique, ni sur le plan psychologique. Chaque homme traverse cette épreuve selon sa personnalité, son vécu et selon la relation établie entre sa compagne et lui. Certains hommes peuvent ainsi surinvestir ce projet d’enfant, d’autres préféreront se tenir en retrait et laisser leur compagne le porter. Certains se protègeront en entretenant en parallèle une vie professionnelle et amicale active, d’autres ressentiront au contraire le besoin de se consacrer pleinement à ce projet. Affaire de choix et de caractère.

On ne saurait donc proposer des conseils universels. Toutefois, l’expérience des hommes et des femmes qui ont fait ce même chemin, et des professionnels qui les accompagnent, permettent de dégager des éclairages et des idées pour vous aider à faire les choix qui vous conviennent le mieux, à préserver un bon équilibre dans votre couple au fil de votre parcours d’AMP et, in fine, à mettre toutes les chances de votre côté.

Restez acteur du parcours, même si les soins concernent surtout votre femme

L’AMP présente une particularité rare en médecine car elle amène à traiter une personne pour la pathologie d’une autre. En effet, quelles que soient l’origine de l’infertilité et les techniques d’AMP choisies, la femme est l’objet de l’essentiel des soins et des actes techniques, et elle est particulièrement entourée et sollicitée par les équipes. Mais on fait bien un bébé à deux ! Il est donc essentiel que chacun trouve sa place dans ce processus.

Dans la plupart des cas, c’est dans l’intimité de la consultation avec son gynécologue de ville que votre compagne a commencé à évoquer vos difficultés à procréer. Quand arrive le moment de consulter à votre tour, vous prenez en quelque sorte le train en marche. Puis, lorsque les tentatives débutent, qu’il s’agisse de FIV ou d’insémination, il n’est pas rare que l’homme se sente isolé car toute la prise en charge tourne autour de la femme. Cela ne signifie pas pour autant que le rôle de l’homme n’est pas important. Plusieurs étapes requièrent votre participation sur un plan médical, mais d’autres justifient un engagement actif aux côtés de votre compagne, afin de vivre pleinement ce parcours à deux plutôt que de le « subir ».

N’hésitez pas à assister aux consultations médicales

Au fil des examens et des bilans, les informations que vous allez recevoir lors de ces consultations peuvent susciter des réactions très émotionnelles. Par ailleurs, les explications médicales ne sont pas toujours simples à comprendre. Il n’est donc pas superflu d’être deux.

Participer aux consultations vous permettra aussi d’être au même niveau d’information que votre compagne, et de prendre ensemble les décisions importantes pendant votre parcours. Sachez que les praticiens de l’AMP ont l’habitude de recevoir leurs patients en couple. Ils trouveront votre présence tout à fait naturelle.

Souvent, les femmes qui consultent seules craignent de ne pas pouvoir faire face en cas de résultat négatif. Qu’il s’agisse des différents bilans diagnostiques ou des consultations clés (par exemple, en FIV, la première échographie qui permet de voir si des embryons se sont implantés et de les dénombrer), votre présence sera nécessaire. Ensemble, vous pourrez partager la joie d’une bonne nouvelle ou vous soutenir mutuellement si les résultats ne sont pas ceux que vous escomptiez.

Exprimez vos doutes, vos questions

Homme ou femme, la tendance naturelle est de protéger son partenaire. La personne infertile peut vouloir endosser la responsabilité, voire la culpabilité, de l’infertilité qui fait souffrir le couple. Inversement, lorsque c’est l’autre qui est infertile, nombre de personnes redoutent d’aborder le sujet en couple par crainte de raviver la souffrance.

Ces situations sont fréquentes. Si vous les rencontrez, n’hésitez pas à vous tourner vers les professionnels qui vous accompagnent pour parler, seul ou à deux, des questions qui vous préoccupent. Ils sont formés pour vous écouter et échanger sur vos interrogations.

Prenez soin de votre compagne

Que l’infertilité vienne de vous, de votre compagne ou qu’elle soit liée aux deux partenaires, la participation médicale de l’homme au parcours d’AMP reste limitée. Son soutien psychologique est en revanche fondamental. Le parcours est généralement long, souvent semé d’embûches et malmène à la fois le mental et le corps de votre compagne. La répétition des examens médicaux, le poids du temps passé à se consacrer au processus, les espoirs et déceptions qui se succèdent risquent de la fragiliser. Elle peut avoir grand besoin de votre soutien.

Quelques idées pour vous aider à vous faire une place dans le dispositif

  • Pourquoi ne pas apporter une contribution technique ?Par exemple, vous pouvez aider votre compagne à réaliser les injections prescrites, à condition que celle-ci ait reçu une information appropriée par le médecin. Il existe aussi d’autres façons de jouer un rôle actif dans le parcours, comme prendre l’initiative de contacter l’hôpital pour avoir un résultat.
  • Vous êtes un organisateur-né ?Préparez à deux les consultations médicales. Identifiez les rendez-vous auxquels il semble absolument essentiel de vous rendre à deux : consultations au cours desquelles des résultats importants sont annoncés, ou des décisions arbitrées, examens délicats ou difficiles… Et prenez le temps de discuter avec votre compagne des rendez-vous où elle sera seule. Ainsi, même si vous n’y êtes pas physiquement présent, vous aurez eu votre mot à dire, vous serez partie prenante des décisions qui seront prises.
  • Vous voulez mieux comprendre ?Si vous préférez poser des questions à un homme, vous pouvez solliciter un médecin homme. Il pourra répondre à vos interrogations, vous expliquer avec des mots qui vous parlent le processus médical en cours mais également faire le point avec vous sur les doutes qui vous habitent. Entre hommes, certaines choses peuvent se dire plus facilement…

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