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Assistance médicale à la procréation - Retour à l'accueil

Communication dans le couple

Une période délicate pour le couple

Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un homme et une femme frustrés par l’impossibilité de réaliser leur désir d’enfant connaissent des périodes de tension. Certains surmontent sans trop d’encombres l’obstacle, voire se sentent renforcés dans leur amour. Mais chez d’autres l’épreuve met à mal la relation de manière plus ou moins durable et parfois intense.

Les praticiens qui suivent les couples en AMP relèvent deux grands écueils :

  • Une altération de la communication entre les deux partenaires, pour des raisons qui sont très diverses : volonté de protéger l’autre, non-dits, silences, culpabilité…
  • Une modification de la sexualité, qui se trouve malmenée par les examens à répétition, les rapports sexuels programmés et par la remise en cause de la virilité ou de la féminité qu’induit souvent l’infertilité.

Un renoncement difficile

Admettre l’infertilité et vivre, le plus sereinement possible, la prise en charge médicale implique un véritable travail de renoncement à une procréation sans aide médicale. Il comporte plusieurs phases : déni, colère, déprime et enfin acceptation. Chacun franchit ces étapes à son rythme et selon sa personnalité, et il arrive souvent que dans le couple chacun avance à sa manière et à sa propre vitesse.

Connaître ces phases, savoir que vraisemblablement on les traversera à un moment ou à un autre, permet de mieux accepter les difficultés du moment et de ménager la place nécessaire au dialogue et à l’écoute au sein du couple.

Cultivez le dialogue

Ne laissez pas le silence s’installer. Il faut dépasser l’envie de protéger l’autre en se taisant et ne pas hésiter à se parler. C’est le meilleur moyen de s’aider mutuellement.

Sachez vous faire aider à temps

Les couples consultent souvent au dernier moment, lorsqu’ils sont sur le point de craquer. D’autant que les patients ne sont pas toujours informés des possibilités d’être suivis, soutenus, accompagnés. Et lorsque l’éventualité de rencontrer un psychologue est évoquée, certains redoutent d’être questionnés sur leur désir d’enfant. II n’en est rien : le psychologue est là pour aider les hommes et les femmes en AMP où qu’ils en soient dans leur parcours et dans leur réflexion, et certainement pas pour les juger.

L’épreuve traversée par le couple est vécue à deux, mais elle l’est différemment pour l’un et pour l’autre. Si certains sujets ne sont pas faciles à aborder avec votre partenaire, il ne faut pas laisser « pourrir la situation ». Contrairement à ce que dit l’adage populaire, les problèmes ne se résolvent pas d’eux-mêmes – y compris lorsque la grossesse tant désirée survient.

N’hésitez pas à jouer la carte de la sincérité avec l’équipe médicale, à solliciter de l’aide ou à vous adresser directement à un professionnel de l’écoute.

Continuez à vivre !

L’infertilité du couple et la prise en charge en AMP ont souvent un impact sur de nombreuses dimensions de la vie : familiale, sociale, amicale, professionnelle… Deux écueils sont à éviter : le surinvestissement dans le parcours d’AMP au dépend des autres activités ou, à l’inverse, le surinvestissement en dehors du couple et des contraintes de la prise en charge médicale.

Mieux vaut opter pour un juste milieu : conserver une intimité, une vie de couple (sortir au restaurant, au cinéma, passer une soirée à ne rien faire), voir ses amis tout en se ménageant de vrais moments de partage sur le parcours d’AMP. Il est également important de se fixer d’autres objectifs et d’autres projets que la procréation.

Enfin, n’hésitez pas à vous accorder des temps de pause ou des vacances pour vous retrouver en couple et souffler. Ces moments peuvent être salvateurs. Ils vous permettront de préserver un équilibre qui augmentera vos chances de succès dans le parcours d’AMP.